Acheter des vêtements bio, c'est pas un peu exagéré?

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À l'air du «tout bio» et des tendances grano, on pourrait facilement s'imaginer que d'aller jusqu'à s'acheter des vêtements bio, c'est vraiment exagéré.

Pourtant...

Il y a sûrment autant de raison de choisir nos vêtements en bio que notre nourriture. Passons en revu les grandes lignes de l'impact de la mode et des tissus sur notre corps et le corps de notre planète Terre.

La peau, notre plus grand organe

Saviez-vous que la peau est le plus grand organe du corps humain?

En fait, en plus d'être le plus grand, elle est aussi un organe qui absorbe.

D'un certain point de vue, on pourrait dire que la peau est la principale frontière entre nous et le monde extérieur. Autrement dit, c'est elle qui gère les entrées et sorties entre notre environnement et l'intérieur de notre corps.

Pas besoin de vous dire que si elle absorbe son environnement, elle absorbe très bien ce qui est en contact direct avec elle. J'ai nommé: Les vêtements!

On oublie souvent que notre corps est réellement en vie à chaque seconde et qu'il y a constamment de l'activité dans nos cellules. Cela dit, notre corps ayant la capacité à absorber, il ne peut prendre que ce qu'on lui donne. D'où l'importance de prendre conscience de ce qui se cache dans les vêtements qu'on achète.

La Terre encaisse le coup, jusqu'à maintenant...

L'industrie du coton conventionnel (non-bio) est à elle seule une des plus polluantes au monde. L'industrie textile de manière générale et la deuxième plus polluantes au monde, et ce, avant l'industrie automobile.

La culture du coton conventionnel, c'est 25% des pesticides et 10% des engrais utilisés dans le monde. C'est é-no-rme. C'est aussi le troisième consommateur d'eau pour l'irrigation des champs. C'est plus de 5000L d'eau pour un seul kilo de coton. Un chiffre qui parle? 11 000L d'eau pour un seul jeans de coton non-bio.

Tout cela sans même parler de l'impact des tissus issus du pétrole et autres dérivés. Plus de 50% des tissus produits sont faits de fibres synthétiques ou artificielles. Pour n'en nommer que quelques uns: Lycra, Viscose, acrylique, polyester. Autrement dit, du plastique.

À quand une prise de conscience massive de l'industrie? On met du plastique sur notre corps et on nous fait croire que c'est normal?

Il y a des gens qui produisent les tissus qu'on porte

Oui! Et ces gens sont en contact direct avec les plantes et donc avec ce qui va sur les plantes en question. Un champ plein de produits chimiques = des milliers d'humains qui respirent et absorbent ces substances toute la journée, années après années...

Saviez-vous que des milliers de personnes meurent chaque année dans l'industrie du «fast fashion»? C'est le coût à payer pour avoir un T-shirt à 15$ d'une marque qui sort des nouvelles collections tous les 2-3 mois...

À ce sujet, je vous invite à écouter le fameux documentaire «The true cost» sorti en 2015 qui donne un portrait assez choquant des conditions de travail de gens qui oeuvrent pour ces grandes industries cachées derrière le nom de prestigieuses marques. Je vous laisse ici la bande-annonce. Pour accéder au documentaire sur Netflix, vous pouvez cliquer ici.

 
 

Ok, je sais, c'est difficile à regarder.

Pour ceux et celles qui ont écoutés la bande-annonce, on respire.

C'est important de voir l'impact que notre mode de vie à ailleurs dans le monde. Maintenant, au lieu de désespérer (ce qui n'apportera absolument rien, tenons-nous le pour dit), voyons ce qui peut être fait!

Les solutions

Acheter des vêtements bio, c'est choisir d'améliorer les conditions humaines et environnementales un achat à la fois. C'est une première étape. Pourquoi?

Parce que acheter bio, c'est donner notre vote à une production de tissus qui ne contiennent pas de pesticides ou de tout autres produits chimiques qui se retrouveraient dans le corps des travailleurs qui manipulent les tissus et dans le nôtre. À ce sujet, sachez que lorsque les tissus sont neufs et non-bio, ils sont concentrés de produits chimiques. Tant de ceux qui ont servis à faire pousser le coton que ceux qui ont servis à teindre les vêtements.

Oui, en effet, acheter bio, ce n'est pas tout. Si on a un tissu certifié bio, mais teint dans la teinture la plus nocive, on s’intoxique quand même. Il manque une étape. Conscientiser toute la chaîne de production.

Heureusement, certains fournisseurs consciencieux connaissent la valeur d'un matériau biologique et accorde une grande importance aux teintures qui seront utilisées. Il est utilisé, dans ce cas, des teintures dites de «bas impact» qui ne contiennent pas de métaux lourds ou autres substances chimiques nocives.

Évidemment, la teinture reste de la teinture, mais ça n'a rien à voir avec le chimique de ce qui est utilisé dans les grandes industries.

Les certifications

Acheter bio, ça veut aussi dire se soucier des conditions de travail des gens derrières nos vêtements. Si vous voulez un impact majeur dans votre façon d'acheter, donc de dire à l'industrie qu'il est grand temps de changer les façons de faire, assurez-vous que la marque d'où vous acheter vos vêtements soit certifié GOTS. Pour faire court, c'est la meilleure façon de s'assurer que toutes les conditions de travail de tout la chaîne de production ont été respectées. Du champ, à l'usine, jusqu’à dans vos mains.

En terme de certifications, je nommerai aussi que, tout comme pour les aliments, la plupart des certifications bio sont assez strictes et ne permettent pas de prendre la chose à la légère. En effet, un fournisseur de coton, par exemple, devrait avoir son certificat renouvelé chaque année et en donner la preuve à ses acheteurs.

Beaucoup se lancent dans la création de vêtements biologique sans chercher à voir les certificats. Ils croient malheureusement, mais naïvement, que ce qu'on leur donne est ce qu'il disent être. Plusieurs fois, ce n'est pas le cas.

Le document devrait certifier ce que contient le tissu. Et le fournisseur devrait pouvoir fournir toutes le preuves que ce qu'il vous vend est ce qui est certifié. Ca veut donc dire que vous devriez pouvoir demander un certificat d'origine à n'importe quelle marque qui dit vendre des vêtements biologiques. Si pour une quelconque raison ils ne peuvent pas le faire, soyez vigilants.

Cela dit, les normes bio acceptent jusqu'à 40% de tissu qui lui, n'a pas besoin de l'être.

Vous n'avez pas les moyens d'acheter bio? Ne vous en faites pas

Le premier pas que j'ai moi-même fait pour réduire mon impact environnemental et social avec les vêtements a été ceci: Ne plus acheter de vêtements neufs. En tout cas, le moins possible.

Considérant que les vêtements neufs coûte souvent assez chers, qu'ils sont bourrés de produits chimiques et qu'ils ne durent de toute façon pas très longtemps, pourquoi ne pas acheter de seconde main? Ou encore, faire des échanges avec vos amies et connaissances.

Je ne compte plus les avantages à faire de la sorte.

D’abord, je paye mes vêtements entre 3 et 20$ l'unité (et 20$ c'est un vêtement de seconde main franchement luxueux). Je parle ici des Villages des valeurs et Renaissances de ce monde. Bien sûr, il y a des friperies plus luxueuses. Chacun ses goût et son budget.

En payant un tel prix de l'unité, je peux me permettre une plus grandes variétés de vêtements, donc de styles. Pour quelqu'un qui aime varier, c'est chouette!

Aussi, j'évite les désagréments des vêtements conventionnels neufs: la belle soupe de produits chimiques. Normalement, pour que le vêtement se retrouve en friperie, c'est qu'il a été porté à plusieurs reprises. En étant lavé, la majeur quantité de produits toxiques disparaissent (oui, mais pas comme par magie! Ils sont partis dans l'eau, mais ça c'est une autre histoire...!)

Bref, en achetant de seconde main, je redonne vie à des vêtements qui auraient finis dans les sites d'enfouissements, je sauve beaucoup de sous ($$$), je fais diminuer à ma façon l'impact de la surconsommation et j'évite de me mettre sur le corps des centaines de produits dont on ne peut même pas prononcer le nom!

Ça en fait des avantages!

Évidemment, difficile de comparer avec la satisfaction d'acheter un beau vêtement neuf. Alors on fait quoi? Si le coeur nous en dit, on garde nos économies pour les marques éthiques et écolo qui nous font vraiment tripper!

Acheter avec le coeur, c'est une tout autre expérience!

Bref,

Le message à retenir dans tout ça? Gardez les yeux ouvert, posez des questions et informez-vous! Nous sommes à l'air de l'éducation. L'information est souvent librement accessible et il n'en tient qu'à nous de chercher les réponses.

Nous pouvons réellement changer la façon dont les choses sont faites dans cette industrie. Il suffit de s'y intéresser et de donner notre appui aux entreprises qui décide de se démarquer.

Acheter, c'est voter les ami-es!

 
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